Le modèle Minnesota

Né aux USA, dans l’Etat du Minnesota en 1949 ; le fruit de trois projets thérapeutiques simultanés de prise en charge de l’alcoolisme qui a consisté à mettre en rapport des alcooliques en cours de rétablissement grâce à la fraternité grandissante des Alcooliques Anonymes et des patients malades d’alcool et hospitalisés. Les bénéfices de cette rencontre furent immédiats et déterminants pour les personnels médicaux concernés. Les dépendants en rétablissement qui se consacrent à cette tâche ont depuis été formé professionnellement avec diplôme universitaire et mise en pratique dans les centres de traitement spécialisés en soins des addictions, qui sont majoritaires aux USA à employer le MM dans leur programme parce que considéré comme le plus efficace moyen thérapeutique connu à ce jour.

Le MM a depuis franchi l’Atlantique dans les années 60-70 pour se developper dans de nombreux pays en Europe.

Le MM approche la problématique de l’addiction en tant que maladie du cerveau, dont les symptômes sont la perte de contrôle, la dépendance physique et les rechutes répétées. L’aspect primordial du traitement considère que l’abstinence constitue la base fondamentale pour la continuation du traitement et le fait avéré que l’on ne peut réussir tout seul. Le MM ne fait aucune différence entre les substances psychoactives (licites et illicites) et les conduites addictives. Toutes découlent de la maladie source qu’est l’addiction.

Dans la mesure où elle est approchée comme une maladie primaire, chronique et mortelle dans la mesure où elle n’est pas stoppée, des buts thérapeutiques sont assignés à la problématique de la dépendance, en termes de rétablissement bien plus que de guérison. Le sevrage n’étant que la première étape du processus de rétablissement, un travail thérapeutique en profondeur est nécessaire pour assurer la pérénité du rétablissement. La relation patient/soignant est en soi un rapport d’attachement sécurisant (transfert), qui vise un changement de la façon de penser sa vie.

En vue du but à long terme à atteindre – apprendre à vivre avec la dépendance sans consommer – la famille et l’entourage du patient sont associés au traitement. Cette problématique chronique implique également une vigilance à vie et le maintien d’une abstinence durable.

La dépendance est présentée comme une maladie physique, mentale et spirituelle.

Ce point de vue holistique débouche donc sur une approche pluridisciplinaire. A côté des problèmes physiques et psychiques, le Modèle Minnesota souligne également la dimension spirituelle. Cela ne signifie nullement une philosophie religieuse ou sectaire, mais que les personnes sont affectées dans la mesure où elles ne parviennent plus à agir conformément à leur propre système de valeurs.

Le patient qui s’engage pleinement dans le traitement peut en tirer une perspective d’avenir, à condition qu’il s’implique dans la dynamique d’entraide et de solidarité avec ses pairs en rétablissement et les soignants. Qu’il soit aussi acteur à part entière de sa thérapie.

Ce modèle thérapeutique s’appuie largement sur l’entraide entre les dépendants. Cela peut paraître un non-sens mais c’est souvent entre eux que les interactions sont les plus fructueuses. La parole de « pairs positifs », dans une démarche de rétablissement crédible, est souvent mieux entendue et acceptée que celle du professionnel. C’est pour cela qu’il leur est fortement suggéré de participer aux réunions des groupes d’entraide (Alcooliques et/ou Narcotiques Anonymes) en complément de la thérapie pour consolider les attachements sécurisants en combattant ainsi un état d’isolation chronique. En effet, une grande partie des options théoriques du Modèle Minnesota modèle trouve ses origines dans les programmes de rétablissement de ces groupes.

L’intégration de dépendants en rétablissement comme thérapeutes (Counsellors) peut également offrir une perspective d’espoir : la mise à disposition d’un modèle qui a fait ses preuves, une meilleure compréhension parce qu’ils parlent le même langage, davantage de patience, de tolérance et d’empathie et le discernement nécessaire pour déceler les tentatives de manipulation.

L’entraide, l’abstinence et le désir de changer ses comportements sont les fondements du Modèle Minnesota.