Fils de familles – Entretien avec Gérard Chevalier

« Je suis un poulbot de la rue Lepic. Je suis né en face du Moulin de la Galette. Gamin, je voulais devenir électronicien : la science me fascinait ». C’est comme ça que Gérard Chevalier amorce le récit de sa vie, face à « un verre d’eau filtrée de la Seine », au Café de la paix. « Abandonné par mes parents, j’ai évité de justesse l’assistance publique grâce à ma grand-mère qui m’a élevé. Puis, elle a dû travailler comme garde-malade. Je suis donc retourné un temps chez ma mère et mon beau-père, tous deux alcooliques, avant d’aller en familles d’accueil. Je souffrais. Personne ne voulait de moi. Personne ne m’aimait. A 18 ans, j’ai pris des drogues et… ça allait mieux ».

De sa vie d’ado, il se souvient du lycée de Bonnières, dans les Yvelines : « j’étais un cancre extra-ordinaire ! Sauf en maths, où j’excellais. J’avais aussi trois potes, avec lesquels j’ai fumé mes premiers joints. Nous étions en 1968, j’avais deux choix : soit finir en prison, soit prendre la route ». Il choisit la seconde option. Direction : Saint-Tropez, Hollywood -« j’y suis arrivé, après dix jours d’auto-stop depuis l’aéroport JFK, le 21 juillet 1969, Neil Armstrong venait de marcher sur la Lune »- ou encore Katmandou. « J’étais hippie. Je vivais en communauté. Les drogues rythmaient mes journées. Les Pink Floyd étaient mes dieux. Je sais qu’une photo de moi au Népal, entre chilam et gourou, se balade sur Facebook… » Epoque formid’.

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